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RENCONTRE

"Ce qu’on cherche ce sont des identités qu’on a pas vu ailleurs, des singularités."

Comme vous le savez, du 3 au 5 juillet dernier s’est déroulé le FNAC LIVE dans le splendide cadre de l’Hôtel de Ville de Paris. Votre équipe de reporters préférés était sur place et a eu la chance de pouvoir passer quelques minutes avec Benoît Brayer, l’une des têtes pensantes de cette grosse machine qu’est le festival. Car vous, vous saviez comment étaient sélectionnés les groupes programmés au FNAC LIVE ?

Rencontre avec Benoît Brayer, responsable des événements culturels pour le groupe FNAC.

Bientôt 1O ans du FNAC LIVE, un secret pour toujours être innovant ?

On se remet en cause très régulièrement, on essaye d’inventer des nouvelles choses et même pour nous, pour renouveler notre prise de parole, on essaye d’inventer de nouveaux formats. Il y a quelques années on a créé une deuxième scène à l’intérieur de l’Hôtel de Ville où on peut faire des concerts acoustique, on a changé un peu la manière de construire les soirées, de les programmer. On était sur 4 jours, on les a passé à 3 ; on a pas réduit le nombre d’artistes mais on s’y est pris autrement. Maintenant on donne une carte blanche aux labels indépendants pour les ouvertures de soirées, on a des artistes émergents qui sont proposés en inter-plateau de gros artistes, ce qui leur permet de jouer devant 25.000 personnes et de présenter leur travail au plus grand nombre. Donc voilà, on essaye de se remettre en question et d’apporter de nouvelles idées le plus souvent possible dans une machine qui marche bien mais qu’il faut aussi savoir entretenir.

Vos rêves les plus fous pour les prochaine éditions ?

Dans les rêves les plus fous il y a certains artistes énormes que j’aimerais avoir mais on est quand même sur un site particulier. C’est une chance incroyable de pouvoir faire des concerts au centre de la ville mais ça pose beaucoup de contraintes en terme de jauge de public, d’organisation, de production, donc on ne peut pas tout faire. Mais si j’avais un rêve ça serait sans doute d’agréger autour du site des scènes supplémentaires. Notamment il y a une église à proximité dans laquelle on pourrait imaginer des choses fantastiques. J’adorerais construire une scène flottante sur la Seine… Bon voilà, ce sont les rêves fous hein ! On en est pas là mais des idées ça on en a plein.

Ce sont quoi vos critères de sélection pour programmer un projet au FNAC LIVE ?

La sélection de programmation est très subjective puisque évidemment ce sont deux personnes qui la font,  Nicolas Preschey et moi. On a un mode de programmation qui est très particulier. Depuis le début on a un système où on choisit à l’unanimité ; si l’un des deux n’est pas convaincu on ne programme pas. Alors mon univers, ma sensibilité et la sienne s’additionnent. On sélectionne de cette façon et l’esthétique, l’identité et l’image du FNAC Live depuis 9 ans c’est vraiment le résultat de nos deux mondes artistiques qui se rencontrent. Alors après la sélection ce sont des artistes installés, qui sont capables de tenir un public de 25.000 personnes, qu’ils soient émergents ou pas. C’est à nous aussi de rentrer dans une diversité car on tient beaucoup à présenter aussi le plus de genre de musique possible. On tient aussi à présenter beaucoup d’artistes émergents, des nouveautés, c’est très important de contribuer à l’exposition des talents. Voilà, tout ça est un savant mélange assez subjectif d‘artistes qu’on sélectionne mais avec l’idée de se dire : qu’est-ce qu’on pourrait faire pour que les gens passent la meilleure soirée possible ?

La programmation dont vous êtes le plus fier ?

Honnêtement, programmer un festival comme ça c’est un an de travail à chaque fois et je suis fier de chaque programmation car je sais que ce qu’on propose, c’est la meilleure programmation possible avec les moyens dont on dispose et dans les contraintes dans lesquelles on est. L’ambition artistique pour un événement gratuit est maximum. Donc je suis fier de toutes les programmations qu’on a faites et cette année je suis encore plus fier car il y a vraiment une grande diversité, il y a beaucoup de nouveaux talents et la programmation reflète aussi cette tendance, que j’observe en ce moment, des artistes qui sortent des cases, qui sortent des genres imposés, qui mélangent plein d’influences et qui font se rencontrer plein de genres artistiques différents. De la chanson avec de l’electro, c’est le cas de Suzanne, de la chanson arabe avec du chant liturgique et du Drum & Bass  comme Léonie Pernet. Toute cette génération d’artistes émergents casse les codes, casse les frontières et c’est assez excitant !

Pour vous c’est quoi la prochaine tendance musicale ?

Pour moi il n’y en a pas qu’une. La tendance c’est justement cette génération d’artistes qui arrivent, qui ont été nourris à toutes les musiques, qui grâce à internet et au streaming ont accès à toutes l’histoire de la musique actuelle, à tous les catalogues, à tous les genres. C’est une consommation de la musique qui n’est plus par style, elle se fait par enthousiasme, par découverte. Et tout ça s’agrège, se mélange et c’est ça qui ressort dans les nouvelles générations d’artistes. Du coup ça promet de grandes innovations.

Des artistes émergents qu’il ne faut pas manquer ?

Déjà on en propose pas mal ! C’est pas tout le monde, on peut pas tout faire mais moi j’aime beaucoup Zed Yun Pavarotti qui est un rappeur qui jouera ce soir ici. J’aime beaucoup l’ambition des textes et aussi l’attitude. J’aime beaucoup GLAUQUE aussi, qui est un collectif belge qui à mon avis est extrêmement prometteur l’ambition artistique, l’écriture et l’atmosphère que le projet dégage. Et on a programmé hier Silly Boy Blue, des gens comme Pépite.

Un conseil pour les projets en développement ?

Surtout n‘essayez pas de faire comme les autres, faites votre truc. Ce qu’on cherche ce sont des identités qu’on a pas vu ailleurs, des singularités. Ce qui retient notre écoute et notre oreille, c’est quand on entend quelque chose qu’on a pas déjà entendu. Alors le meilleur moyen c’est de faire son truc à soit et de ne pas essayer de rentrer dans une tendance. Quand on veut rentrer dans une tendance elle est déjà terminée donc il faut passer à autre chose. Soyez vrais.

 

crédit photo : Denis Allard – Agence REA

JC Joam

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