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NANA ADJOA

Nana Adjoa, chanteuse-autrice-compositrice, mêle jazz, pop, musique et débats publics, dans son premier album : Big Dreaming Ants.

Nana Adjoa a déjà tout d’une femme qu’on remarque, à commencer par le prénom qu’elle partage avec l’héroïne ambitieuse de Zola courtisant le tout Paris, avec celle à grandes lunettes dont le nom Mouskouri résonne encore ou bien avec cette jeune femme dont on a oublié le prénom mais dont on aimerait se souvenir : “tu sais la nana là”. 

Nana Adjoa, elle, on ne peut que s’en rappeler. Loin des futilités versatiles et des sujets universels, la chanteuse autrice-compositrice plonge en profondeur dans les abysses de la réflexion pour les retranscrire habilement en musique. Ses chansons parlent d’amour, oui certes, mais à d’autres coups de “je t’aime” que ceux qu’on entend habituellement. Elles parlent de notre société aussi, globale, moderne; de la notion d’identité culturelle, des frontières finalement pas tracées au feutre indélébile, des déversements d’émotions sur les réseaux, du manque, de l’admiration, de la distance, du but commun, de l’immensité. Des sujets qui s’inspirent de son chemin personnel et de sa propre quête identitaire, comme femme, musicienne, individue. 

Née d’une mère hollandaise et d’un père ghanéen, sa route passe d’abord par quelques groupes où elle se retrouve bassiste parce que “tous les autres instruments étaient pris”; puis par le programme Jazz du Conservatoire d’Amsterdam et enfin par le plus grand concours de musique pop des Pays-Bas “Grote Prijs van Nederland” auquel elle participe jusqu’en finale. Un premier EP l’emmène alors en tournée à New York, Los Angeles, Londres et Amsterdam, ainsi que sur les plus grandes scènes de festivals des Pays-Bas. Et la voilà aujourd’hui, avec un premier album en mains “Big Dreaming Ants” où chaque chanson exprime un sentiment précis ressentis sur le trajet.

Dans “National Song” par exemple qui ouvre l’album, Nana Adjoa s’interroge sur l’identité culturelle à travers l’hymne national et notamment celui des Pays-Bas, traduit du vieux néerlandais, dont personne ne comprends les paroles. Parmi d’autres observations sociétales, Nana glisse aussi l’entrainant “She’s stronger” évoquant cette amie qui l’a fait réaliser, par comparaison, qu’elle n’était pas aussi forte et indépendante qu’elle le pensait. Une situation qui l’a poussé à donner le meilleur de soi-même, mais qui peut aussi faire écho – pour certaines – aux rivalités féminines, se mesurant sans cesse les unes aux autres.

Au delà de paroles faisant réfléchir, sa musique fait de l’effet aussi. Comme une illustration sonore de ses pensées, Nana semble s’en servir pour explorer encore plus loin ses thèmes. Dans “No Room” par exemple, les conversations sans fond des soirées mondaines prennent vie à travers des voix déformées, synthés trafiqués, notes aériennes et claquements de mains réguliers comme pour signifier «le bruit que quelqu’un fait quand il vous parle sans vraiment rien dire». Ce qui n’est pas le cas de Nana Adjoa.

Crédit photo : Latoya van der Meeren

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Suzon Depraiter

Author Suzon Depraiter

Fan de boules à facettes et de fringues à paillettes, Suzon est notre rédactrice en chef web.

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