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Sôliz

La chanteuse Sôliz se marionnettise dans « Nuage Ravage », son dernier clip.

« Faut-il toujours que mes doigts si froids se cognent à la page blanche », c’est avec ces mots d’ouverture que Sôliz plante déjà un champ lexical où difficulté et solitude se font du corps à corps, avant de poursuivre et confirmer le sujet : « Demain tu verras mes ratures, mes points de sutures illustrés, mes traits tordus, mes mots nus, mes nuages ravages énervés ». 

Single de son premier EP prévu au printemps, « Nuage Ravage » prend encore plus de sens avec un clip coloré en apparence seulement, sorti fin février.

La réalisation est confiée à F. Kalmes, F. Rozot & Lucas Fabiani alias Kub, dont l’illustration des textes contemporains semblent être la spécialité. En duo avec le réalisateur Cristobal Diaz, Kub & Cristo ont déjà travaillé pour Thérapie Taxi, L.E.J, VALD ou encore Kery James.

Pour Sôliz, la caméra est fixe. Protagoniste de son propre clip, la chanteuse est attablée. Les yeux fermés, elle se tient droite, les mains sur la table. Sage – tel un synonyme de « docile » plutôt qu’un adjectif de sagesse – Sôliz respire la solitude. Un homme en combinaison de protection vient alors lui ouvrir les yeux et lui donner la parole d’un simple geste de la main, comme si on assistait au processus de mise en fonctionnement d’un robot humain. Puis, telle une marionnette innocente mais pas inconsciente, des personnages entrent dans le cadre et se succèdent pour manipuler physiquement l’artiste-pantin. Toujours des hommes.

Au delà d’une violence dans l’articulation forcée d’un corps sans défense, elle se ressent aussi dans les gestes emplis de colère des manipulateurs. Après avoir placé un stylo et des feuilles dans ses mains, un membre des « Gepetto » y jette de l’encre avant de faire voler brusquement les papiers d’un revers de main. Le clavier sur lequel ses doigts pianotent sans liberté lui est violemment arraché. Tandis que ses expressions faciales ne sont actionnées que par une brusque intervention d’un des personnages.

La spontanéité n’inonde ainsi pas ce clip, où chaque geste est chorégraphié par des comédiens qui ont visiblement bien répété. Un plan séquence réussi où chaque tableau offre quelque chose à regarder et à comprendre : violence, empathie, solitude, naïveté, manipulation, perversité, relation, rupture.

Plusieurs mots viennent alors à l’esprit au fil de la vidéo, mais le mieux reste de la regarder pour s’en faire son propre résumé.

Suzon Depraiter

Author Suzon Depraiter

Fan de boules à facettes et de fringues à paillettes, Suzon Depraiter est notre rédactrice en chef web.

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