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Yehan Jehan

Earth Arrangements, Vol. 2 du multi-instrumentiste, producteur et polymathe artistique Yehan Jehan est sorti sur le label « Aphrodite ». Un 2nd volet dont le titre incarne l’idée que si nous connaissons son état naturel et son histoire, notre propre environnement reste imprévisible. On reconnait alors l’esprit de l’artiste et surtout son esthétique, temporel et aussi musicale que visuelle. 

Est-ce que la musique ne s’écoute plus qu’elle ne se regarde ? La réponse est en cours de délibération aux mains des experts. En revanche, peut-être que l’image peut s’entendre et c’est l’impression que me laisse des artistes comme Yehan Jehan qui se raccroche à une époque dont l’esthétique sonore marquée laisse deviner l’univers visuel principal, si twist final il n’y a pas.

C’est ainsi qu’en découvrant son nouvel EP Earth Arrangements, Vol. 2, on entend les années 70 et 80, reconnaissables principalement aux sonorités pop et synthés qui scintillent. À l’image, on retrouve alors sans surprise les motifs en damier, le micro à strass, les caméscopes et autres technologies déjà d’une autre ère numérique.

Au delà du filtre vintage revenu à la mode de chez nous, Yehan Jehan qui supervise également le design de ses pochettes et dirige ses clips légèrement sinistres, y ajoute des couches aussi musicales que visuelles et rend ainsi son style unique à influences finalement plus variées.

Biberonné à la musique et à la télé, dont il fait des scripts d’émissions et d’animations pour s’amuser étant jeune, on croit entendre et voir des éléments cartoonesques comme les épaulettes disproportionnés du clip d’Invisible Friend ou encore l’absurdité de certaines mises en scène comme dans la vidéo de Haze du Vol 1. Cette dernière est d’ailleurs un hommage aux pubs japonaises des années 80 retrouvées au cours d’un voyage temporel dans les méandres de Youtube. Et c’est vrai qu’après avoir regardé et ré-écouté, cet EP pourrait être une série de génériques d’animés ou de spots tv tant un onirisme (contrôlé) s’en échappe et évoque la fiction, la poésie, l’absurdité. «J’aime quand un clip met mal à l’aise», confirme Yehan, qui réalise également des films et clips pour d’autres. “Et pourquoi pas ? Si ça attire l’œil, de manière positive ou négative, c’est bien ! Je ne parle pas d’être dans la controverse ou d’essayer de choquer, mais si les gens trouvent ça un peu bizarre, c’est bien.»

Ainsi, si l’EP s’écoute sans images en sous-titres et si les clips se regardent sans légendes ni explications, l’artiste associe les deux et réussit à créer un univers musical complexe mais lisible où on plonge sans hésitation.

Crédits photos : Camille Luciani

Suzon Depraiter

Author Suzon Depraiter

Fan de boules à facettes et de fringues à paillettes, Suzon est notre rédactrice en chef web.

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